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Ne pas sombrer. Être, tout de même.

d’après "Les Naufragés" et "Le sang nouveau est arrivé" de Patrick Declerck, adaptation et mise en scène Guillaume Barbot, avec Jean-Christophe Quenon.

En 1985, Patrick Declerck, anthropologue et psychanalyste, s’habille en clochard et embarque à bord du bus de ramassage des sans-abris pour le centre d’accueil de Nanterre.

Il nous livre un témoignage rare et vivant du quotidien de ceux que l’on nomme mendiants, SDF, miséreux. Cette réalité connue de tous sans vouloir la voir, atteint de ce qu’il appelle la « cécité de la société ».


Jean-Christophe Quenon, ogre blessé, drôle et percutant à la fois, livre dans toute sa complexité les fureurs, les fragilités, les urgences du clochards-psychiatre qu’il incarne à merveille. Seul en scène, il nous emporte dans le tourbillon crasse des sans-abris tantôt touchant, tantôt culpabilisant sans jamais être moralisateur.

Jonglant subtilement avec les personnages qui se mélangent,le clochard devient réel, profondément humain. Même dans sa tombe du Mont-Valérien pour celui qui ne valait rien, en marge d’une société qu’il définit pourtant.

Le rideau tombe et on reste sonné, abasourdi par tant de force et d’émotions.


Et puis ces mots qui résonnent : "La plus grande liberté c’est d’y renoncer. Mais on ne nous le permet pas."

© 2019 #danstasalle