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Au soleil avec Jérémie Kisling

Lorsque l’on est présenté comme "le poète d’un autre temps aux mélodies éternelles" au public du Club Tent du Paléo, il faut se montrer à la hauteur. Pari relevé pour Jérémie Kisling qui a insufflé à sa voix une mélancolie joyeuse.


L’auteur-compositeur-interprète chante pour ceux qui ont un faible pour les raconteurs d’histoires et aiment mêler leurs ombres à celles de personnages inventés. Par exemple avec « Je ne suis pas de celles », qui se glisse dans la peau de Slyvie, 35 ans, dont la plastique n’attire aucun regard et qui, avec ses amies : « (…) se dispute les docteurs dans les séries. Panées devant l’écran plat. ».


Au-delà des textes de ses chansons, s’intéresser aux autres semble être le maître mot de Jérémie Kisling. En témoigne le climat de respect qui règne sur scène entre le chanteur, son musicien et ses trois musiciennes. Ses invités aussi, Sophie Noir et Raphaël Noir, il les auréole de son admiration généreuse et justifiée.


Le concert a lieu en fin d’après-midi et le public, en moyenne plus âgé qu’à d’autres shows plus explosifs, s’est déplacé exprès pour le chanteur lausannois, à en croire l’accueil chaleureux qui lui a été réservé. Mais ce qui reste tout de même un atout, à savoir un public d’admirateurs, ou du moins de vrais curieux, venu exprès pour lui, n’a pas suffi à Jérémie Kisling pour nous faire danser. Parce que, malgré l’humour et les déhanchés (si, si, il s’est déhanché), il est plus difficile d’électriser les foules à l'heure du goûter. Ses belles complaintes s’étirent alors un peu en longueur ; il faudrait que le soir tombe pour se laisser gagner par cette mélancolie si amie avec la nuit.


Mais la lumière naturelle offre finalement à Jérémie Kisling le privilège de s’adresser à son public sans filtre ni paillettes. Il est alors proche à nous faire oublier le fossé qui nous sépare de la scène.

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