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Marciel ou le bonheur oblique de la conférence intérieure

De et par Marc Hollogne, avec sur scène: Marc Hollogne et sur écran: Alain Dion, Carine Barbey, Jean-Charles Simon, Cynthia Groggia, Tamara Lysek, Michel Sauser, Michel Zendali, John-John Mossoux, Duja, Valentin Rossier, Vincent Bonillo, Melinda Nouette, Carole Rey, Paul et Emile Barbey, Angela Delfini, Fernand Semy, Moïse Sauser, Julia Batinova, Eric Motte, Laurent Dauvillée, Jean-Marc Roch, Rainer Molher.


C’est avec ce titre original et énigmatique que Marc Hollogne signe son retour sur les planches romandes avec son fameux cinéma-théâtre qui l’a rendu célèbre dans les années 80.


Le principe ? Marciel, le protagoniste (incarné par Marc Hollogne), seul sur le plateau, interagit avec des personnages réels ou issus de son imagination (parmi lesquels des personnalités locales comme Jean-Charles Simon, Patrick Dujany et Michel Zendali) projetés sur un écran se dressant sur la moitié de la scène. L’aisance avec laquelle il se balade entre espace scénique et espace cinématographie, tantôt pour donner la réplique à ses acolytes dans la toile, tantôt pour les rejoindre ou se confronter à son double d’ombre ou de lumière, laisse le spectateur interdit.


C’est sur fond de l’ancien programme « la course autour du monde » auquel l’artiste a participé quand il avait 20 ans que se déploie ainsi le fil rouge autobiographique de son spectacle. Marc Hollogne y tente notamment de rendre justice au sexe dit faible, et de se réconcilier avec une jeunesse désillusionnée et un amour déchu. L’écran sert ainsi de surface de projection non seulement à d’anciennes bobines super8 récupérées et à de nouvelles mises en scènes, mais donne aussi vie à ses dialogues et scénarii intérieures.



Tant la prouesse technique que l’extravagance et la douce folie de l’artiste promettait une salle comble. Je regarde autour de moi et je compte… 7, 8, allez, 9 personnes, moyenne d’âge 50 ans. Certes, nous sommes un soir de semaine et la météo est au beau fixe. Difficile après tant d’averses, de troquer son apéro-Spritz d’une terrasse lacustre contre un ticket pour une sombre grange reconstituée au fond d’une salle !


Mais je m’interroge. Et si le bilan sinistre que dresse ce quinquagénaire en quête d’inspiration, confronté à d’anciens démons, à des tracas existentiels et autres règlements de compte n’était pas parvenu à toucher en plein cœur sa cible ? La question reste ouverte.

© 2019 #danstasalle