PAR TAGS : 

POST RÉCENTS : 

La musique au service de l'Histoire

Le Journal d’Anne Frank à la Maison de quartier de Chailly. Mise en scène Hélène Bolanz, création musicale de Marylène Müller avec Rosalie Müller, Anais Rahm, Louis Loup Collet, Artur Papp (violon), Jonas Pache (violon), Yulia Tsernant (alto), Valentin Roze (violoncelle), Didier Müller (clarinette), Soledina Camesi (harpe).


Issue d’un projet de Bachelor d’une étudiante de l’HEMU, cette adaptation courageuse du célèbre Journal par la compagnie Rejoins l’Histoire atteint en partie ses objectifs.


Courageux est un euphémisme lorsque l’on parle de s’attaquer à un tel monument alors qu’on a comme ambition de simplement satisfaire aux attentes d’une institution. Il est des textes qu’on ne se risque pas à interpréter si l’on n’est pas affublé d’un grand nom du Théâtre. Marylène Müller – avec la complicité d’Hélène Bolanz – a osé et c’est tout à son honneur!


Instruments posés sur le sol, dates écrites à l’encre noire sur des feuillets épars jonchant le plateau, telle est l’atmosphère dans laquelle est plongé le spectateur en arrivant dans la salle. Au moment où la lumière s’éteint, les comédiens, non, les musiciens… Ah, si! Les comédiens… enfin, tous entrent en scène en récitant quelques phrases de la jeune fille écrites pendant la Seconde Guerre mondiale.


S’enchaînent alors des extraits choisis du texte original déclamé par le trio de jeunes comédiens (et parfois les musiciens). Un choix particulier, justifié par la metteure en scène comme étant une représentation de l’universalité du propos. Soit, mais on peine à être convaincu tant le texte se retrouve fragmenté.


Certes, on n’assiste pas à une production professionnelle et on remarque le manque d’expérience, la relative maladresse ou le manque d’incarnation parfois des comédiennes et du comédien. La réalisation est cependant effectuée avec beaucoup de sérieux et d’engagement; leur implication est de tous les instants et on ne peut que l’apprécier.


La musique composée par Marylène Müller est, quant à elle, remarquable. Elle est interprétée avec brio par un sextuor de qualité qui intervient régulièrement au cours de la pièce. Parfois gaie, parfois un peu plombante, mais toujours fortement liée au texte pour le soutenir ou établir un contraste, la partition ne laisse pas insensible.


La scène finale évite l’écueil des propos larmoyants en utilisant avec perspicacité le mur du fond comme tableau noir géant. Dans le silence. Un moment fort.


Une production qui n’est probablement pas sans faille, mais qui laisse entrevoir des potentiels certains. À surveiller!


© 2019 #danstasalle