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Car le rêve est essentiel

Miss Poppins au Petit Théâtre. Adaptation et mise en scène de Stefania Pinelli, avec Denis Correvon, Sandrine Girard, François Karlen, Olivia Seigne et Pierric Tenthorey.


The Divine Company signe la réécriture réussie d’une Mary Poppins désormais douce et espiègle qui emmène enfants et parents dans des mondes fabuleux.


Il existe, dans l’imagination des créateurs de tous bords, des univers fantastiques où l’extraordinaire le dispute au réel. Leur talent est ensuite de savoir les partager et d’y emmener celui qui observe et écoute. Les spectateurs que nous sommes espèrent voyager, perdre toute notion de temps et d’espace et voir, juste un instant, la vie sous un autre angle, aussi tordu soit-il.


C’est ce que réussit avec finesse The Divine Company en nous invitant dans le monde de Miss Poppins. La célèbre nounou issue des romans de Pamela Lyndon Travers est de retour en 2016, non pas au sein de la famille Banks, mais auprès du veuf M. Peterson et de sa fille, Emma. Bien moins rigide que sous la plume de l’auteure australienne, la Miss Poppins imaginée par Stefania Pinelli pousse Emma à voir l’existence différemment, tout en douceur, en chansons et à coup de Witsibitsimelakamitsimagicarulakupitchitibam (Supercalifragilisticexpialidocious, c’est tellement dépassé)! On ferme les yeux sur ses quelques notes moralisatrices tant l’écrin dans lequel évoluent les comédiens est enchanteur.


Ce cadre est l’aboutissement d’une collaboration symbiotique entre les créateurs, le scénographe et un magicien. Pierric Tenthorey, prestidigitateur renommé, a en effet participé à l’élaboration de l’espace scénique ainsi qu’à la formation de ses acolytes sur scène afin que son personnage de Tim ne soit pas le seul à pouvoir transformer une pomme en poire ou à changer d’habit en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Oooh, wouah, et autres onomatopées admiratives se font entendre dans le public… et pas seulement dans la bouche des enfants!


La scénographie est remarquable dans son ensemble tout comme le travail technique millimétré de tous les intervenants. Le plateau se métamorphose allégrement. D’appartement il devient chantier en passant par une forêt merveilleuse ou une plage aux nuages bavards. Apothéose sur la fin, à la lumière des UV, où se mêlent jeux poétiques et comiques, le tout accompagné par une musique féérique qui nous embarque totalement.


Une heure et quart de rêve pour petits et grands à consommer sans modération lors de la tournée qui débute en janvier 2017 dans toute la Romandie.

(c) Philippe Pache

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