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Jeux de miroir

La Comédie des erreurs, de W. Shakespeare. Mise en scène Matthias Urban, avec François Florey, Thierry Jorand, Sabrina Martin, François Nadin, Lucie Rausis et Antonio Troilo, au Théâtre Kléber-Méleau (création).


La Comédie des erreurs, c’est un peu comme le jeu des sept différences qui se déroulerait devant nos yeux. Et ça devient d’autant plus amusant lorsqu’on se trompe.


Pour sa première création au TKM, Matthias Urban, metteur en scène du coin, met à l’honneur le grand Will avec une proposition colorée et ludique de La Comédie des erreurs, une histoire farcesque et mouvementée.


(c) Mario del Curto


Le nœud de l’histoire se crée à partir d’un naufrage : Egéon y perd sa femme, ses deux garçons — des jumeaux identiques portant le même nom — ainsi que leurs serviteurs, deux autres jumeaux qu’on peine à différencier également. Chaque jumeau est séparé de son frère, et devra vivre avec ce manque pendant des années. Vingt ans plus tard, sur une place d’Ephèse, le hasard les amène à se rencontrer à nouveau, mais les circonstances les feront passer par une série de malentendus et quiproquos avant de pouvoir se réjouir des retrouvailles.


Pour donner vie avec modernité au texte de Shakespeare, Matthias Urban opte pour une scénographie neutre, aux visages multiples. Sur le plateau, une estrade en bois disposée en étoile évoque à la fois le pont d’un bateau fragmenté et les tréteaux d’une place publique. En toile de fond, une représentation du ciel, découpée en trois portes, sorte de disposition scénique à l’antique. Le lieu est ambigu, indéfinissable et sobre, ce qui permet de se focaliser sur les personnages et leurs déplacements.


Et en effet, les silhouettes ne manquent pas de relief. Gestes marqués, costumes bien dessinés, les comédien-ne-s, qui pour la plupart endossent plusieurs rôles, présentent des personnages typés avec une dimension comique évidente. Leurs va-et-vient, qui s’envolent même dans les hauteurs, sont une chorégraphie qui apporte au spectacle un dynamisme certain.


On est également vivement séduit par l’univers sonore, notamment grâce à une musique live envoûtante et des plus originales, signée Christophe König et Thierry Debons, qui fabriquent des sons de façon étonnante. On ne vous en dit pas plus…


Cette version de la Comédie des erreurs nous embarque dès l’ouverture, sait nous surprendre à divers moments du spectacle et nous invite au jeu. Et vous, vous aimez jouer ?


A voir jusqu’au 22 décembre au TKM !

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