PAR TAGS : 

POST RÉCENTS : 

Cinérama-Yverdon, ou se faire des films sur la place publique

Par l’opera pagaï, mise en scène Cyril Jaubert, avec Valérie Ancel, Christophe Andral, Emmanuel Droin, Raphaël Droin, Chantal Ermenault, Alice Fahrenkrug, Sébastien Genebes, Lionel Ienco. / Théâtre Benno Besson, 26 août 2016.

A Yverdon, sur la Place Pesta, tu regardes les gens passer, et tu te demandes : et s’ils étaient les personnages d’un film qu’on est en train d’écrire ?

Tu viens de t’asseoir à une petite table de terrasse quand une jeune femme vient distribuer des appareils audio. Elle donne quelques indications, et conclut en montrant le signal top-départ qui voudra dire tout à l’heure qu’il faudra mettre les écouteurs pour ne pas rater le début.


Et c’est parti. « Dans quelques instants, vous allez apercevoir deux personnes en train discuter en s’avançant sur la place. Soyez bien attentifs !», te dit-on à l’oreille. Puis le dialogue entre un homme et une femme se fait entendre. Tu les cherches, à gauche, à droite, avant de les apercevoir au loin, se rapprochant de toi : l’expérience commence.

Et c’est là la force du spectacle, sa capacité à diriger le regard du public comme le ferait une caméra dans un film. Par les deux comédiens narrateurs d’une part, qui sont deux scénaristes en train de créer l’histoire de leur film sous nos yeux, et par la manière dont les lieux sont investis, sur la place, à la fenêtre de l’immeuble d’en face, dans un café ou même hors-champ.


On prend également plaisir à se perdre entre le vrai et le faux, particulièrement au début du spectacle, lorsqu’on ne sait pas encore bien distinguer les protagonistes des vrais passants. Ceux-ci sont d’ailleurs quelques fois pris à parti, devenant malgré eux les personnages secondaires d’une histoire rocambolesque.

Avec une narration maîtrisée, située sur deux niveaux qui se rejoignent à certains carrefours, qui mêle situations comiques et dialogues touchants, tout en empruntant le pire et le meilleur des grands films, Cinérama propose un scénario ─ voire plusieurs ─ que l’on a plaisir à suivre.


Le choix d’un théâtre en plein air, dont les décors sont réels et familiers, est agréable, efficace et participe au rétrécissement de la limite entre la réalité à l’imaginaire.


Après ça, sur la Place Pesta, tu regardes les passants et tu te dis : et s’ils étaient les personnages d’un film que je suis en train de vivre ?


A voir: prochaines dates en Suisse : du 1er au 3 septembre 2016, les Spectacles français, Bienne

Mots-clés :

© 2019 #danstasalle