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Festival Nox Orae 2016 - Lift off!

Compte rendu d’une édition 2016 plutôt planante, qui prouve que miser sur une programmation pointue vaut bien mieux que de multiplier les stands à saucisses.


Bord du lac, soleil couchant, végétation luxuriante… C’est dans un cadre magnifique à la Tour-de-Peilz que se déroule la Nox Orae. Et pour sa septième édition, ce petit festival, mené par une équipe de passionnés, proposait une affiche de rêve pour tout amateur de sons psychédéliques et barrés.


Le vendredi soir, débarquement dans l’enceinte du festival pour découvrir un espace plutôt sympa, plein de jolies loupiottes et de tables en bois, mais dont l’ambiance ne casse quand même pas des briques.


La soirée débute en mode blues du désert avec Imarhan. Ça chaloupe sympathiquement, la basse est en place et les arrangements sont prenants, mais après deux trois chansons, l’appel d’un contact privilégié avec ce merveilleux gazon, si joliment coupé, se fait sentir. On écoute ainsi de loin ces lentes mélopées en discutant de tout est de rien.


Thurston Moore et son groupe arrivent ensuite en mode « ratiboisage de neurones ». Entre le bordel noisy, les rythmiques à la Can et les magnifiques Fender Jazzmaster, on se retrouve en pleine période Sonic Youth. À part quelques morceaux franchement décevants en fin de set, ça dépote du mouton. Ce type doit quand même avoir dealé un sacré contrat avec Satan pour avoir toujours l’air d’un ado passé cinquante ans !

Pour terminer cette première soirée, le festival a misé sur Spectrum, le groupe de Sonic Boom, reconnu d’utilité publique et considéré par les adeptes du genre comme une tuerie monumentale. En bref, ce mec contribué à relancer le rock psychédélique en Grande Bretagne à la fin des 80’s avec Spacemen 3, inventant un son nouveau et emblématique. En format duo, comprenant bidouillage et guitare, ce set paraît plus mou que dans mon souvenir. Néanmoins, autour de moi, tout le monde à l’air d’avoir atteint la quatrième dimension. Des types hagards hochent la tête aux rythmes lancinants de Spectrum. La messe semble dite…


Le samedi, j’arrive pour assister à Kikagaku Moyo, un truc mélangeant Krautrock, New age et psyché à la Beatles, avec une bonne touche à la Hawkwind. Ça joue plutôt bien et il y a un mec qui joue du sitar électrique. Cela fait toujours plaisir d’entendre du sitar électrique !


La soirée affiche complet et pour cause, Nox Orae a invité the Brian Jonestown Massacre, le groupe mythique d'Anton Newcomb, personnage aussi dingue que taciturne. Ce soir, le vieux loup, qui ressemble de plus en plus à Neil Young, semble apaisé et enchaînes les interactions avec un public conquis de 1200 personnes. Le groupe nous défonce les oreilles pendant près de deux heures avec ces titres aux trois accords dont ils ont la maitrise tout en diffusant un message de paix et d’amour digne du Sergent Pepper’s lonely hearts club band.


Ce moment de communion chatoyant prend fin lorsqu’un éclair fend le ciel et vient ponctuer la dernière chanson, présageant la gigantesque pluie qui va s'abattre sur le festival.


Passablement détrempé, décision est prise de rentrer sans assister au dernier concert. Ce serait quand même dommage d’attraper froid au mois d’août !

Je finis cette édition avec les oreilles sifflent, le tshirt mouillé et un sourire béat au coin des lèvres. Vivement la Nox 2017 !


A voir: www.noxorae.ch



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