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Money!

Ecriture collective

Mise en scène de Françoise Bloch, avec Jérôme de Falloise, Benoît Piret, Aude Ruyter et Damien Trapletti.


PRIX DE LA CRITIQUE BELGE 2014 EN EXCLUSIVITE EN SUISSE – Ou lorsque 4 belges viennent nous parler de banques et de chocolats en mangeant des bretzels.


A priori le mot finance n’est pas plus drôle dans la bouche d’un belge que dans celui d’un ministre épinglé par les Panama Papers mais il devient très vite délicieux lorsqu’il s’agit de gaufrer la finance à partir d’une question aussi naïve que cruciale : que devient l’argent qu’on verse sur son compte en banque. Vous le savez, vous ? Vous êtes plutôt actions ou obligations ? SICAV et placement à moyens termes ou fonds éthiques diversifiés ? En d’autres termes, savez-vous quels leviers nous déclenchons en espérant que notre petite épargne-retraite mensuelle rapporte un tout petit intérêt ?



Présenté comme une série de brefs tableaux à la fois ludiques et critiques en musique, vidéo et chorégraphie de meubles à roulette, Money! tente de décortiquer le fonctionnement des banques, acteurs centraux du système économique mondial. Nourris d’une profonde recherche documentaire, rompus aux discours des financiers et jouant avec leur vocabulaire et leurs postures physiques, quatre comédiens nous parlent directement, ou donnent corps à des saynètes réalistes détournées. Tour à tour banquiers, clients, gourous de la finance, simples citoyens, travailleurs, réviseurs d’entreprise ou acteurs conduisant un spectacle, ils examinent avec une acidité parfois féroce la mécanique complexe de la logique du profit. Une mécanique qui semble nous échapper mais dont nous sommes, au final, tous acteurs.


Et même si tu as péniblement CHF 2'800.- sur ton compte-épargne.


Mais le génie scénique de cette pièce est d’explorer avec brillo la frontière entre théâtre et réalité. De partir de cette matière première qu’est l’exploration documentaire pour en faire un théâtre à la fois physique et critique. De transposer un sujet saturé par le discours, les gouvernements et les banques centrales en débat crucial via un théâtre-prétexte, plateforme décomplexée.


Et l'effet est décuplé par le fait que les comédiens sont déjà sur le plateau lorsque le public entre et qu’ils interprètent leur propre rôle sans prénom fictif. Mais aussi parce que les lumières de la salle restent allumées à la manière d’un tableau-conférence à laquelle on a pas vraiment été invité mais dans lequel on prendrait bien la parole.


A voir: la programmation du Théâtre Palace de Bienne http://www.spectaclesfrancais.ch/ et y soutenir réflexion et bilinguisme sur https://wemakeit.com/projects/theatre-palace-biel-bienne

© 2019 #danstasalle