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Impro Lido

IMPRO LIDO – À voir encore, et vite !


Lausanne, Lido Comedy & Club, ce lieu désormais mythique voué à la fermeture à la fin de cette saison 2016, au grand dam des amateurs de culture. Le Lido, c’est son ambiance – industriello-chic-alternative si on devait se risquer à la définir – qui nous attire régulièrement.


Étonnamment, le gérant est la seule personne qu’on salue ce jeudi soir en arrivant. On a pourtant pris l’habitude de croiser dans ces sous-sols de nombreuses têtes connues et amis en assistant aux spectacles réguliers de la CMI, de l’Open Mic 100 % Comédie Musicale ou encore récemment avec la mise en scène de Fabian Ferrari à «Rien, plus rien au monde». Ce soir, on ne connait personne. C’est étrange et en même temps ça donne ce sentiment rare et plaisant d’anonymat.

Dire qu’on ne connait personne serait toutefois mentir puisque les quatre lascars qui vont se produire sur scène ce soir sont Alain Börek, Adrien Knecht et Grégoire Leresche, sociétaires bien ancrés d’ImproLabo ainsi que leur invitée Odile Cantero, habituée à partager les scènes improvisées avec les précédents cités dans moult projets en Suisse romande. Du beau monde donc.


Ce soir, ils jouent ImproLido, comme tous les derniers jeudis du mois depuis trois ans. Mais c’est la première fois qu’on voit ce spectacle. Oui, bon, vous allez dire: «normal, c’est un spectacle improvisé!». On sait. Mais on avait jamais assisté à ce concept-là, qualifié «d’impro-trash» par ses acteurs.


Kesako ImproLido ? En gros, c’est une scène vide, 4 improvisateurs et 4 buzzers. Chacun de ces buzzers a un rôle particulier. Lorsqu’il est activé, le premier lance une musique aléatoire, le second impose une indication contraignante de jeu (du type: «silence» ou «tout est chorégraphié»), le troisième impose un élément extérieur (du type «il y a quelqu’un à la porte» ou «je suis ton père!») et le dernier permet aux comédiens de mettre fin à la scène en cours.


Le tout réalisé par des improvisateurs de haut vol donne un spectacle déjanté. On est emmené allègrement du couple gay en vacances à Jésus subissant les foudres paternelles tout en passant par le discours d’un chef d’État mettant en garde contre la révolution sournoise des animaux domestiques! Une exploration de l’absurde que seuls les spectacles d’improvisation peuvent apporter, pour le plus grand plaisir d’un public qui rit régulièrement aux larmes devant les gesticulations des comédiens (la palme à la perruche campée brièvement par Alain Börek). L’intervention aléatoire des buzzers activés aussi bien depuis la scène que depuis l’extérieur donne des scènes inattendues où les comédiens sont forcés de jouer ensemble et sont moins tentés de gentiment se tirer dans les pattes. On observe dès lors une écoute de tous les instants entre eux et, de fait, un rythme juste et des histoires cohérentes (même dans l’absurdité!). Un vrai bonheur pour le spectateur.


Certes, c’est de l’impro et ce jeudi 28 avril les 4 comédiens se connaissaient par cœur ou presque, donc on est bien tombé. Cependant, connaissant quelques autres noms sur la liste des habitués de ce concept, on doute qu’on puisse mal tomber. Alors si vous n’avez pas encore vu ImproLido, que vous aimiez l’impro ou n’en avez jamais entendu parler, allez-y! Et dépêchez-vous: il reste 2 dates avant la fermeture du lieu: les jeudis 26 mai et 23 juin.


Voir : www.lidolausanne.ch

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